Le métier de photographe.
Etre photographe, c’est exercer un métier de passion et aux multiples facettes. Selon la spécialité choisie, les compétences et les aspects du métier ne sont pas les mêmes : par exemple, un photographe peut être amené à travailler aussi bien en laboratoire que sur le « terrain ». Comment devenir photographe ? Si l’on peut devenir photographe par passion en étant autodidacte, il est aujourd’hui devenu presque indispensable, si l’on veut percer dans le métier, d’avoir suivi une formation spécifique de niveau supérieur. Il est tout à fait possible de débuter dès la fin de la troisième avec un CAP photographe, mais il est vivement conseillé, vu les débouchés restreints et la concurrence assez rude de pouvoir se démarquer grâce à un diplôme d’une école de photographie, généralement accessibles sur concours à partir d’un niveau BAC+2. Après un baccalauréat général ou technique, il existe un BTS photographie, qui porte plus sur l’aspect technique du métier. Il est conseillé d’avoir suivi la filière scientifique. Avec ce diplôme, il est possible de travailler en boutique (on y reçoit aussi des cours de droit et de gestion), mais si l’on veut se lancer en freelance (voie souvent empruntée pour les photographes de mode ou de presse), il faut pouvoir présenter des références suffisantes pour attirer les clients. On peut aussi, après le bac, accéder à une licence Arts Plastiques option photographie. Après un bac+2, on peut accéder par concours à plusieurs écoles renommées dans le domaine de la photographie. En premier lieu, l’école Louis Lumière à Paris ou l’école nationale de la photographie d’Arles, qui délivrent un diplôme homologué à l’issue d’une formation de trois ans, mais aussi l’école nationale supérieures des Arts décoratifs. On peut aussi suivre un cursus universitaire, par exemple à la faculté Paris VIII qui propose une formation supérieur en deux ans, qui délivre un diplôme à bac+5. La formation à l’université est souvent plus théorique que celles délivrées dans les écoles spécialisées. Il ne suffit pas de posséder un diplôme, cependant, pour devenir à coup sûr un photographe professionnel demandé. Il est rare de décrocher une place d’assistant photographe ou photographe salarié, et dans ces cas, il faut se dire qu’une part assez importante du travail se passera en boutique ou en laboratoire. La plupart du temps, les photographes professionnels ouvrent leur boutique ou offrent leurs services en freelance, dans différents domaines.
Différentes manière d’être photographe : le photographe de mode.
Cette spécialité est très convoitée, mais dispose aussi d’une bonne demande. Les magazines et créateurs sont toujours à l’affut de nouveaux talents. Cette spécialité demande l’alliage de nombreuses qualités : le côté artistique, l’œil du professionnel avec une parfaite maîtrise de la technique, mais également un esprit créatif débordant. La photographie dans le domaine de la mode est très exigeante, dans la mesure où la clientèle recherche un renouvellement permanent du style et une originalité pour pouvoir faire face à la concurrence. Le photographe de mode doit être très rigoureux techniquement parlant, pour servir au mieux la créativité qui doit être son premier mot d’ordre. Dans ce métier, il est essentiel de ne pas négliger l’aspect humain. Comme le photographe qui travaille en boutique doit savoir répondre aux attentes de la clientèle, le photographe de mode doit à la fois savoir traiter avec ses clients mais aussi savoir communiquer avec les modèles qui poseront pour lui. En général, le photographe de mode doit faire ses armes et créer son propre style, tout en étant à la recherche de l’originalité, la touche artistique qui fera qu’il sera choisi à la place d’un autre. Qu’il travaille pour un magazine ou une agence de mannequins pour la création des books, il va devoir savoir tirer son épingle du jeu pour se constituer une clientèle mais aussi justifier ses tarifs, qui, bien sûr, iront croissants selon sa notoriété. Les photographes de mode sont parfois (et parfois souvent, lorsqu’ils débutent) amenés à faire des photos de modèles pour des catalogues ou des publicités. Les qualités indispensables pour exercer ce métier : la polyvalence, un regard artistique, et rester à tout prix créatif pour savoir se démarquer si l’on souhaite se faire un nom.
Le photographe de presse.
Comme son homologue le photographe de mode, le photographe de presse doit aussi se faire un nom. Rare sont ceux qui sont salariés, la plupart exercent en freelance, et doivent être en mesure de proposer des sujets et reportages. Ils sont assimilés aux pigistes, et sont payés selon le cliché qu’ils proposent, selon le sujet et la qualité de la photographie. Ces photographes sont très rigoureux et passionnés par le travail journalistique et l’information. Ils doivent parfaitement maîtriser l’aspect technique de leur métier, car ils ne peuvent pas, contrairement au photographe de mode, mettre en scène leurs sujets : ils doivent saisir sur le vif pour prendre des clichés réalistes, proches de la vérité et de l’idée qu’ils souhaitent transmettre au lecteur. Le photographe de presse n’est pas toujours en terrain ennemi, à éviter les bombes ou à prendre des clichés d’une rencontre importante entre deux chefs d’états. Il faut aussi être en mesure de couvrir des sujets moins « palpitants », les faits divers, l’actualité en général. Se faire un nom est nécessaire pour trouver des clients et accéder aux journaux les plus reconnus qui seront susceptible d’acheter les reportages et clichés proposés. On peut aussi travailler sur commande, ou pour les magazines « people », qui payent bien et sont très demandeurs. Il est rare de débuter avec des reportages photos en cahier central ou avec la une d’un journal ou magazine national. Le photographe de presse travaille aussi pour les rédactions régionales, les petits journaux, ce qui l’amènera à pouvoir présenter des références pour ses autres employeurs potentiels. Avant d’être envoyé en reportage au G20, il faudra couvrir les accidents de la route ou les fêtes locales. Il faudra obtenir la carte de presse pour pouvoir pénétrer le milieu très fermé et se faire accepter au mieux auprès des personnes qu’il faudra photographier. Cette carte n’est pas indispensable, mais prouve l’appartenance du photographe à la grande famille du journalisme et lui offre parfois des opportunités. S’il est possible d’appartenir à une agence de presse, la plupart du temps c’est le statut freelance qui l’emporte.
Le photographe d’art.
C’est la facette du métier qui attire le plus, car c’est souvent avec cette idée que l’on en vient à vouloir être photographe. Publier ses œuvres, exposer, tous les photographes passionnés en rêvent, mais il est difficile de percer, comme pour tous les artistes, que l’on soit écrivain, peintre ou photographe. La photographie est un art récent, dans la mesure où le procédé photographique a été mis au point au début du XIXe siècle, bien loin de notre époque où l’on voit l’avènement et le positionnement du numérique, qui ouvre de nombreuses possibilités. La photographie d’art peut se pratiquer en autodidacte, mais les photographes professionnels qui aspirent à être reconnus comme artistes et pas seulement comme artisans doivent souvent compléter cette activité en étant photographe prestataire et en offrant leurs services lors de mariages ou autres évènements. Ils peuvent aussi intervenir auprès des entreprises pour leurs publicités ou leur journal interne, à l’instar des réalisateurs et scénaristes qui doivent aussi parfois se contenter de tâches alimentaires pour vivre. On ne vit pas facilement de son art. Pour être reconnu en tant que photographe d’art, il faut proposer ses photographies aux éditeurs ou participer à des ouvrages collectifs de photographie. Il faut aussi démarcher les galeries d’art et tout autre lieu susceptibles d’exposer les œuvres proposées : c’est un long chemin vers la notoriété, la reconnaissance mais cela permet aussi de vendre ses œuvres et de faire fonctionner le bouche à oreille. Le milieu est très fermé, donc il est nécessaire de se faire des relations pour avoir de nombreuses possibilités d’exposer, et vendre ou faire publier ses photographies. Comme tous les autres artistes, le photographe d’art peut rarement se consacrer totalement à son œuvre et sa passion, et doit accepter des travaux alimentaires, qui, au passage, peuvent aussi faire parler de lui et lui faire faire des connaissances qui pourront s’avérer utile dans un milieu où le réseau est un atout non négligeable.
Les débouchés dans le métier de photographe.
Si beaucoup de photographes s’installent à leur compte pour exercer leur métier en freelance, il existe aussi des postes salariés pour les photographes professionnels. Les photographes peuvent être embauchés par des agences de presse ou des rédactions, ou alors dans des boutiques. Dans le deuxième cas, il ne faut pas négliger l’aspect humain du travail, et avoir de bonnes notions de gestion et dans le domaine de la vente. Le travail en boutique, en plus du contact avec la clientèle, suppose d’être familier de tout ce qui touche à la photographie et à tout le matériel. Il faut savoir conseiller et être un technicien confirmé. Le côté créatif du métier, dans ces emplois, est peu exploité, même si l’on est amené à tirer des portraits ou même à couvrir des mariages, communions ou autres évènements familiaux qui peuvent amener à faire appel à un photographe professionnel. Si le statut freelance est souvent celui le plus représentatif de la profession, c’est parce qu’il permet d’une part d’acquérir une expérience riche, variée et de se faire connaître dans différents milieux si le photographe le souhaite, ainsi que de pouvoir se réserver du temps pour, le cas échéant, se consacrer au domaine qui est le plus intéressant. Ainsi, le photographe freelance qui a beaucoup de missions dans le domaine de la mode, ou de la publicité, pourra aussi se consacrer à la photographie d’art ou à faire des recherches pour le prochain photo reportage qu’il souhaitera proposer à un journal. Ce statut permet d’être flexible, tout en fixant soit même ses tarifs (sans que cela soit incohérent). En tant que salarié, un photographe professionnel peut percevoir un salaire d’environs 2000 euros par mois (un assistant photographe sera plutôt rémunéré autour de 1500 euros par mois). Un photographe, lorsqu’il vend un cliché, peut en obtenir un très bon prix si sa réputation est bonne et que le cliché est de qualité. Un photographe renommé peut vendre très cher ses photos. Parfois, le statut de freelance est aussi un statut plus avantageux si l’on a de l’expérience et une bonne réputation.
En rapport avec le métier de photographe.
Le photographe professionnel doit se soucier de ses droits d’auteur et des tarifs appliqués à ses photos : il s’agit de son métier, du fruit de son travail et, par conséquent, de son moyen de subsistance. Le plagiat est possible en photographie comme en littérature, et il n’est as rare que les photographes se voient voler leurs photos (surtout avec l’arrivée d’internet et la facilité avec laquelle on partage les données). Le photographe ne travaille pas toujours seul, et il existe aussi des métiers connexes, qui peuvent convenir à un aspirant photographe qui n’a pas réellement trouvé sa voie. Les laboratoires photo recrutent beaucoup, et proposent différents postes avec le passage au numérique. Si le travail de laboratoire, à l’époque de l’argentique, était essentiellement axé sur le travail du négatif et de la pellicule, la transition au numérique a fait évoluer le métier et a vu l’émergence d’autres fonctions. Ainsi, on peut se destiner à devenir retoucheur, et modifier les fichiers numériques afin de gommer les défauts avant de développer, ou s’occuper du réglage des machines pour assurer une qualité optimale lors du développement de la photo (le métier de contrôleur sensitométrique). Il existe bien d’autres métiers liés à la photographie : on peut se destiner à gérer une boutique ou une agence de presse, et si ces emplois ne permettent pas de photographier autant que peut le souhaiter un photographe, ils offrent de grandes possibilités à ceux qui maîtrisent le côté gestion. On peut aussi devenir iconographe, qui est un métier riche et qui nécessite une grande capacité à décrypter les images et à les choisir en fonction du message qui sera véhiculé. Ce métier n’est pas en rapport direct avec la pratique de la photographie mais demande des qualités similaires : un œil exercé, des connaissances en sémiotique et une certaine créativité.